Nos lieux d’émancipation en danger
Éducation populaire : l’urgence d’agir après des mois de mobilisation
Sans nos associations, maisons de quartier et collectifs, qui offrira demain aux jeunes et aux citoyen·ne·s des espaces pour s’émanciper, créer du lien et construire une société plus juste ? Face aux coupes budgétaires qui menacent ces lieux essentiels, l’éducation populaire lance un cri d’alarme : agissons ensemble avant qu’il ne soit trop tard.
Des espaces en péril, une société fragilisée
Centres de loisirs, maisons de quartier, colonies de vacances… Ces lieux, piliers de l’éducation populaire et de la cohésion sociale, sont aujourd’hui plus que jamais menacés. Les coupes budgétaires successives, confirmées pour 2026, ont déjà privé des milliers de personnes d’espaces essentiels à leur émancipation et à leur engagement. À Peuple et Culture, nous avons tiré la sonnette d’alarme en partageant la campagne "Espaces menacés" : sans moyens, c’est l’avenir de notre démocratie qui est en jeu.
Un secteur asphyxié, des chiffres accablants
Le baromètre 2025-2026 d’Hexopée confirme une réalité alarmante :
- 31 % des associations disposent de moins de 3 mois de trésorerie.
- 48 % sont en déficit, et 31 % voient leurs ressources bien en dessous des prévisions.
- 28 % ont réduit leur masse salariale, dont 19 % via des licenciements économiques.
- Seuls 17 % des personnes dirigeante se déclarent optimistes pour l’avenir de leur structure.
Ces données illustrent une précarisation sans précédent : les associations puisent dans leurs fonds propres, réduisent l’emploi ou augmentent leurs tarifs, excluant ainsi les personnes les plus précaires. Pourtant, l’éducation populaire transforme les vies : ses bénéficiaires sont deux fois plus engagés dans la vie associative, trois fois plus présents dans les conseils municipaux, et bien plus confiants dans leur capacité à rebondir professionnellement.
Des mobilisations, un combat toujours d’actualité
Les mobilisations des 10 et 18 septembre, puis du 11 octobre 2025, ont marqué une étape. Aux côtés de l’Université d’Été des Mouvements Sociaux et des Solidarités (UEMSS), du Collectif des Associations Citoyennes (CAC) et du Mouvement associatif, nous avons porté une exigence claire : stop à l’asphyxie des lieux d’émancipation. Malgré ces actions, la situation reste critique.
Les revendications : des solutions concrètes et urgentes
- La convocation immédiate d’une conférence des financeurs, comme préconisé par le Comité de Filière Animation.
- La sanctuarisation des financements publics, indexée sur l’inflation et les besoins réels des structures.
- Un soutien spécifique à l’emploi associatif
L’éducation populaire n’est pas négociable
Nous refusons qu’une logique d’austérité sacrifie des milliers d’emplois non délocalisables et une richesse collective inestimable : 6 millions de bénévoles, 470 000 emplois, et un impact économique équivalent à 1 % du PIB. Ces lieux sont des remparts contre les fractures sociales et territoriales.
Rendez-vous sur www.espacesmenaces.fr pour agir.
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