19-26 avril 2014

"Et si l’Union européenne n’existait pas ?"

, par Peuple et Culture

Du 19 au 27 avril 2014 de jeunes citoyens et citoyennes âgé-e-s de 18 à 30 ans de France, d’Allemagne et de Macédoine, se rencontrent à Tetovo en Macédoine pour questionner la nécessité de l’engagement citoyen aujourd’hui dans une Europe divisée.

Invitation à un voyage créatif à travers l’Europe pour vivre un échange riche en découvertes et en rencontres. Ce voyage avec des participants de France, d’Allemagne et de Macédoine, initiera des réflexions sur les questions européennes actuelles à travers des visites d’institutions européennes, de structures culturelles et associatives. Par le biais de différentes formes artistiques, telles que le théâtre, la vidéo et la photo, nous explorerons les différentes facettes de l’Europe, afin de mettre en valeur sa diversité, sa richesse et les obstacles qu’elle rencontre. en aujourd’hui dans une Europe divisée.

Objectifs

Cet échange a pour objet de développer chez les jeunes un questionnement sur la nécessité de l’engagement citoyen en vue notamment des élections européennes de 2014 et de favoriser leur participation dans la société civile. Le programme alternera des temps de réflexions sur les questions liées à l’engagement et sur la situation européenne, la visite d’ONG impliquées dans différentes luttes - les droits de l’Homme et l’engagement des jeunes dans la société civile -, des méthodes interculturelles et des ateliers créatifs.

Contexte

Les fondements de la construction européenne reposent avant tout sur une volonté pacifiste, un souhait de construire une paix durable entre les peuples au sortir de la seconde Guerre mondiale. Dans cette démarche d’éducation à la paix, les mouvements d’éducation populaire et de jeunesse ont une co-responsabilité. En agissant notamment auprès des jeunes adultes, citoyens de demain, Peuple et Culture s’inscrit dans cette volonté.

Le secteur international de Peuple et Culture s’est engagé en ce sens, depuis 2001 en partenariat avec l’Office franco-allemand pour le Jeunesse, dans la région du Sud-Est de l’Europe, dite « des Balkans ». Cette région est encore aujourd’hui perçue comme la « face noire de l’Europe », dû à son histoire tumultueuse. En marge orientale de l’Europe face à la Russie et au Moyen-Orient, elle a été marquée en profondeur par l’antagonisme des Empires Ottoman et Austro-Hongrois, qui ont fait naître des ethnies aux cultures peu compatibles. Théâtre d’affrontements sanglants depuis les guerres balkaniques du début du XXe siècle jusqu’en 1999 avec la guerre au Kosovo, et en 2001 avec le conflit ethnique en Macédoine, la région reste aujourd’hui instable en Europe.

Les Balkans souffrent d’une image négative auprès des citoyens européens n’ayant que peu de contacts avec la réalité balkanique. Mais il est vrai aussi que la situation y est difficile : chômage endémique, économies en difficulté, tensions ethniques, violences, non respect des droits humains, etc. Le parcours des Balkans dans l’intégration européenne est ralentie, même si, récemment, la Croatie est devenue membre de l’Union européenne, et la Serbie est en bonne voie pour y entrer. Pourtant, le Kosovo et la Macédoine restent à la traîne. La situation dans ces deux pays est peu reluisante, notamment pour la jeunesse, du point de vue de l’économie, des tensions inter-ethniques et du manque de mobilité. Ce sont pour ces raisons, que nous avons choisi de travailler prioritairement dans cette région.

Dans un pays comme la Macédoine qui essaie petit à petit de surmonter ses tensions interethniques, la question de savoir comment aborder les différences culturelles de façon nuancée et d’arriver à dialoguer ouvertement sur ces différences, sans pour autant produire de nouveaux stéréotypes et préjugés, ne perd pas de son actualité. Jusqu’à aujourd’hui, la Grèce s’oppose à ce que le pays porte officiellement le nom de « Macédoine », revendiquant la paternité de ce nom qui désigne la partie nord de la Grèce. Ainsi, officiellement, la Macédoine s’appelle FYROM (correspondant en anglais à « ex-république yougoslave de Macédoine).

Notre séjour aura lieu à Tetovo, ville à grande majorité albanaise, qui a subit conflit macédonien en 2001. En effet, si la Macédoine a échappé aux conflits qui ont déchiré l’ex-Yougoslavie, elle est traversée d’une instabilité ethnique, entre les Slaves macédoniens et les Albanais, qui représentent 25 % de la population. Inspirés par l’exemple de leurs voisins kosovars, les Albanais de Macédoine se sont mis à réclamer plus de droits culturels, civiques et politiques. Cette tension est toujours présente aujourd’hui, même si elle est latente.

Les projets d’échanges comme celui-ci permettent de réfléchir sur ces questions, impliquant des participants macédoniens appartenant aux différentes ethnies, ainsi que des participants français et allemands qui donnent un regard extérieur sur cette situation complexe. La rencontre ouvre à la fois un champ d’apprentissage culturel et politique multiforme et une autre perspective européenne.

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